L’efficacité de l’apprentissage coopératif

L’efficacité de l’apprentissage coopératif

Cette partie est proposée en collaboration avec le Navi, pôle de recherche en santé intégrative du cAH et avec le département Learning Experience de l'EPSN.

Des méta-analyses historiques

Dès les années 1980, des recherches fondatrices ont mis en évidence que le travail en binôme (apprentissage coopératif par paires) est bénéfique pour l’apprentissage. Par exemple, une méta-analyse de 122 études (Johnson et al., 1981) a montré que la coopération est plus efficace que la compétition ou le travail individuel pour améliorer les résultats des élèves – et ce dans toutes les disciplines et pour tous les types de tâches. De même, Slavin (1989), synthétisant 60 études, a trouvé que 72 % des comparaisons de performance académique favorisaient l’apprentissage coopératif (dont le travail en binôme), contre seulement 15 % en faveur des méthodes traditionnelles.

Des travaux ultérieurs ont confirmé et quantifié ces effets. Johnson & Johnson (2002) ont examiné 117 études comparant différents modes d’apprentissage et ont observé que l’apprentissage coopératif génère des gains significatifs de performance par rapport à l’apprentissage individuel sur des indicateurs comme la réussite aux examens ou la motivation. Plus récemment, une vaste méta-analyse (Freeman et al., 2014) a porté sur 225 études dans l’enseignement supérieur scientifique. Elle a révélé que les dispositifs d’apprentissage actif impliquant des interactions entre pairs améliorent en moyenne les résultats aux examens de ~6 % par rapport au cours magistral classique, et réduisent nettement le taux d’échec des étudiants (dans les classes traditionnelles, les étudiants avaient 1,5 fois plus de chances d’échouer que dans les classes actives). Ces effets bénéfiques de la coopération se retrouvent dans l’ensemble de l’enseignement supérieur scientifique et pour des effectifs variés, avec un impact particulièrement marqué dans les petites classes.

Des études récentes par discipline

De nombreuses recherches empiriques, quantitatives comme qualitatives, ont exploré l’effet du travail en binôme dans des domaines spécifiques de l’enseignement supérieur comme l’informatique (”pair programming”), les langues et les sciences humaines. Dans les sciences de la santé, l’enseignement médical utilise également le travail en binôme pour renforcer l’apprentissage. Rao & DiCarlo (2000) ont appliqué la méthode ”think-pair-share” en cours de physiologie auprès d’étudiants en médecine : chaque cours magistral était entrecoupé de questions à choix multiple, d’abord répondues individuellement puis rediscutées en binôme. Après discussion en paire, le pourcentage de bonnes réponses aux quiz a significativement augmenté par rapport aux réponses initiales, démontrant que l’échange entre étudiants améliore la compréhension en temps réel. De même, une étude quasi-expérimentale menée dans une faculté de médecine au Pakistan (Zia et al., 2021) a comparé une évaluation formative individuelle vs. en binôme sur un module d’oto-rhino-laryngologie. Les étudiants évalués en binôme ont obtenu des scores bien plus élevés (en moyenne ~16,7/20 contre 13,4/20 en individuel, p = 0,001). L’expérience a également noté une meilleure participation et motivation des étudiants lors des évaluations en binôme, dans un contexte d’apprentissage perçu comme moins stressant et plus favorable à l’échange.

Perspective d’ensemble

Globalement, les preuves accumulées suggèrent que, dans l’enseignement supérieur comme aux autres niveaux, le travail en binôme améliore les performances académiques sur plusieurs plans. D’une part, les résultats quantitatifs (notes, taux de réussite aux examens, réussite des projets) tendent à être supérieurs lorsque les étudiants apprennent à deux plutôt qu’en autonomie. D’autre part, des bénéfices qualitatifs sont souvent rapportés : les étudiants développent des compétences de communication, gagnent en confiance et en motivation, et bénéficient du soutien de leur pair pour surmonter les difficultés. L’effet positif est observé dans de nombreuses disciplines – des mathématiques aux langues – ce qui montre son caractère transversal. Il convient de noter que pour obtenir ces effets, les pédagogues soulignent l’importance de bien structurer le travail coopératif (objectifs clairs, responsabilité partagée, interaction constructive, etc.). Lorsqu’il est mis en œuvre de manière réfléchie, le travail en binôme apparaît comme une stratégie pédagogique efficace pour accroître la réussite académique des étudiants du supérieur.

Références bibliographiques scientifiques

Les conclusions ci-dessus s’appuient sur des études scientifiques évaluées par les pairs, notamment des méta-analyses, des revues de littérature, des recherches expérimentales dans différentes filières et des enquêtes qualitatives auprès d’étudiants.

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